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Amadeus

Vous êtes-vous déjà posé des questions sur le risque de carbone pour les destinations? Probablement pas. Mais nous savons tous que voler est une activité à forte intensité de carbone - ce qui pourrait être de plus en plus considéré comme une activité hautement polluante. L'industrie aéronautique déploie des efforts considérables pour devenir plus efficace en termes d'émission de carbone. En règle générale, les améliorations technologiques et opérationnelles ont entraîné une augmentation de l'efficacité de 1 à 2% par an.

Nous visons à examiner la manière dont les destinations peuvent gérer les risques associés aux émissions de carbone du transport aérien. L’étude, Un cadre pour aider les destinations à gérer le risque carbone des émissions du transport aérien
, adopte une approche axée sur la demande et propose dix indicateurs de risque carbone qui aident les destinations à évaluer leur risque absolu et relatif par rapport aux coûts économiques, financiers, sociaux et environnementaux du carbone.

La discussion sur le carbone est maintenant bel et bien abordée au niveau des conseils d’administration et les administrateurs demandent de plus en plus à se pencher sur les implications des risques carbone pour leurs entreprises. Les rapports et communications sur le carbone sont devenus monnaie courante parmi les entreprises leaders, et les investisseurs s'éloignent de ce qu'ils perçoivent comme étant des industriesà forte empreinte carbone.

Tout comme les gestionnaires de fonds d’investissement, les pays ou destinations sont également susceptibles de considérer quelles voies de développement pourraient générer les meilleurs rendements à un risque minimal. Pour la plupart des pays, le tourisme figure au premier plan, et un élargissement des réseaux aériens est une priorité. Le transport aérien entraîne des émissions de carbone et cela pose un risque direct (taxes futures, augmentation des coûts) et indirect (mouvement social contre le transport aérien). Les données relatives au transport aérien mondial provenant d’Amadeus peuvent aider à évaluer ces risques et les comparer aux destinations de la concurrence.

Étudiez le cas des petites destinations insulaires, comme l'île Maurice et Samoa. Les données de janvier 2017 révèlent que la distance parcourue des passagers quittant l’ile Maurice est de 5 766 km (une des plus élevées dans le monde), associée à une empreinte carbone moyenne de 422 kg de CO2 par personne. Pour Samoa, la distance moyenne parcourue est de 3 804 km (254 kg de CO2 par personne), légèrement moins exposée en raison des marchés clés, Australie et Nouvelle Zélande, toutes deux géographiquement proches.

Les données d’Amadeus peuvent être utilisées pour une gamme d’indicateurs utiles afin d’évaluer le réseau et le risque carbone associé. Le facteur de déviation permet par exemple une comparaison de la distance entre la provenance et la destination (à vol d’oiseau) et le trajet effectivement parcouru. La distance de déviation la plus élevée de tous les aéroports est à destination de l’aéroport de Nop Goliat Dekai en Papouasie, Indonésie. Pour se rendre en Papouasie, les voyageurs doivent parcourir en moyenne 2 824 km de plus que la distance orthodromique.

Comprendre le nombre de passagers d’une destination qui voyagent sur des itinéraires de moins de 400 km pourrait devenir de plus en plus utile pour comprendre les perspectives d’avenir des avions électriques. Cuzco au Pérou, par exemple, a accueilli près de 120 000 passagers en partance en janvier 2017, dont 9,9 % ont parcouru des itinéraires de courte distance. Cela indique un potentiel de substitution relativement élevé

Les exemples ci-dessus illustrent le pouvoir des données et l’opportunité de gérer une difficulté en les comprenant. Amadeus travaille d’ores et déjà avec les destinations en leur fournissant des informations, par exemple sous forme de réservations anticipées ou de délais de voyage. Nous sommes susceptibles d’observer dans l’avenir un plus grand intérêt dans les métriques liées au carbone notamment pour les destinations qui souhaitent passer au vert (par exemple le Costa Rica) ou celles qui souhaitent protéger leurs investissements.

L’étude peut être consultée dans son intégralité dans le cadre d’un article, Une structure pour aider les destinations à gérer le risque carbone des émissions du transport aérien, publié dans Tourism Management.